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Sixième anniversaire de mon incarcération en Algérie
Aujourd’hui, 4 décembre 2019, est une date très importante dans mon aventure politique en Algérie. Ce jour-là, après un voyage à Hong Kong où la Mafia des 40 voleurs du régime Bouteflika plaçait une partie de l’argent détourné, je me suis rendu à Alger pour être emprisonné et placé en résidence surveillée pendant 1200 jours. Ma femme Cécile et mon fils Iskander, tous deux de nationalité américaine, m’avaient pourtant dissuadé de faire ce voyage à hauts risques.

Un adjoint du chef de l’armée algérienne, feu Ahmed Gaïd Salah, m’avait averti une semaine plus tôt que je serai incarcéré dès mon arrivée sur le sol algérien. De mon défunt père, j’avais hérité le sens de l’honneur et la vertu du courage.

Les autorités n’avaient pas apprécié ma décision de porter plainte contre ce redoutable militaire, qui avait interdit aux Algériens des 47 wilayas de se rendre chaque vendredi à Alger pour manifester pour un changement pacifique. Avec le plus courageux des avocats algériens, Maître Abdelkader Chohra, nous considérions que le chef de l’armée violait l’article 55 de la Constitution, garantissant la libre circulation de tous les citoyens.

Au travers de ma candidature à l’élection présidentielle de 2019, j’avais été l’initiateur d’un élan populaire qui s’était cristallisé à Khenchela le 19 février 2019, lorsque 10 000 de mes jeunes sympathisants avaient arraché devant moi le portrait géant d’Abdelaziz Bouteflika, flanqué sur le mur extérieur du bâtiment communal.

Au moment même où mon avocat déposait plainte contre le puissant chef de l’armée, j’étais conduit dans les locaux secrets des services de renseignements algériens pour entamer une longue période de privation de liberté loin de ma femme et de mon fils, que je n’ai jamais revus jusqu’en avril 2023. J’ai retrouvé ma liberté après avoir bénéficié de trois grâces du Président Abdelmadjid Tebboune, bien que mon dossier judiciaire ait été totalement fabriqué.

Autant j’avais été soutenu de façon extraordinaire par la jeunesse pendant la campagne présidentielle de 2019, autant j’ai été presque totalement oublié et malade pendant ces quatre longues années dans les prisons algériennes. Le peuple algérien répond présent quand vous êtes fort. Il vous abandonne quand vous êtes faible.

Les traumatismes engendrés par des invasions répétées au cours de l’histoire du pays – depuis les Romains jusqu’aux Français, en passant par les Vandales, les Byzantins, les Espagnols et les Turcs – ont érodé cette confiance. Depuis les tortures infligées à Rome au roi feu Jugurtha en 104 avant notre ère – trahi par son beau-frère Bocchus – jusqu’à l’assassinat en direct à la télévision du Président feu Mohamed Boudiaf à Annaba en 1992, c’est une constante de la personnalité algérienne.

En prison, où j’ai rédigé mon 6ème livre intitulé Mon combat contre la dictature algérienne, je me rappelais l’engagement solennel que j’avais pris auprès de mon défunt père, El Hadj Larbi : « d’essayer de faire quelque chose pour l’Algérie ». C’était six mois avant que le cancer de la prostate ne le rappelle à Dieu, en juin 2011.


Quatre candidatures en 12 ans
Deux ans plus tard, en août 2013, j’ai obtenu l’abandon de ma nationalité française afin de déposer ma candidature aux élections présidentielles de 2014 et 2019, conformément à la Constitution algérienne. En mars 2014, mon dossier a été rejeté par le Conseil constitutionnel. En avril 2019, le pouvoir algérien, craignant ma popularité, a annulé l’élection pour m’empêcher d’accéder à la magistrature suprême.

J’ai également tenté d’être candidat pour représenter la diaspora algérienne en France lors des élections législatives de 2017 et 2025. En avril 2017, mon dossier a été rejeté sur injonction de l’ancien ministre des Affaires étrangères Lamtane Lamamra. En novembre 2025, son successeur, Ahmed Attaf, en accord avec les autorités françaises, a refusé de renouveler mon titre de séjour en France, rendant ma candidature impossible.


Pourquoi cette 3ème candidature à la présidentielle algérienne ?
Mon statut de clandestin en France m’empêche d’être candidat à la députation pour représenter la diaspora en 2026, mais il ne m’interdit pas d’être candidat à l’élection présidentielle de 2029. Depuis le 19 janvier 2025, j’ai retrouvé tous mes droits politiques, civils, administratifs et nationaux, suspendus par une décision du Tribunal d’Alger le 3 juillet 2022.

Six ans après ma première incarcération, je veux renouer le fil de mon engagement pris auprès de mon défunt père et prouver au peuple algérien que ma promesse de consacrer au moins 20 ans de ma vie à l’Algérie n’était pas un vain mot.


Les partis traditionnels : fermeture et corruption politique
Le temps de l’exploitation du sang des martyrs est révolu. L’histoire ne se fait pas par ceux qui utilisent l’héritage de la révolution pour conserver le pouvoir, mais par ceux qui ont donné au pays leur vie et leurs rêves sans compter.

Le FLN, symbole de l’unité des Algériens pendant la guerre de libération, aurait dû être un musée après l’indépendance, et non un outil pour légitimer le pouvoir. Les partis traditionnels, comme le RND, sont devenus des instruments de contrôle et d’absorption de la colère populaire. Leur discours figé et leur corruption administrative éloignent la société de la politique.


La jeunesse comme force réelle du changement
La véritable force du changement est la jeunesse, qui a perdu confiance dans des partis rigides et épuisés. Après 2019, l’Algérie aurait pu entamer des réformes profondes intégrant cette génération, mais l’ancienne mentalité a persisté, laissant la jeunesse face à un État sourd et des partis inefficaces.


Un nouveau modèle politique via l’espace numérique
L’espace numérique est devenu le terrain principal pour mobiliser la jeunesse et construire une conscience politique contemporaine, loin des discours traditionnels figés et des partis incapables de se renouveler.


La candidature à la présidentielle et le plan B
Mon « plan B » n’était ni improvisé ni téméraire, mais une stratégie politique complète pour contrer la promotion de la candidature du « cadre Bouteflika ». Adaptée en 2024 à l’expérience sénégalaise, cette approche originale a restauré des équilibres et ouvert la voie à une nouvelle génération de dirigeants.

Aujourd’hui, je déclare clairement : je ne me soumettrai à aucune tutelle. Je me présente à la présidentielle de 2029 avec la conviction que le changement se conquiert. Si ma candidature n’est pas acceptée, j’activerai un plan alternatif en soutenant une personnalité intègre et réformiste.


Crise de confiance entre le peuple et le pouvoir
Une fracture profonde existe entre le pouvoir et le peuple. La jeunesse cherche un leadership fondé sur la performance plutôt que sur l’héritage symbolique. Recycler les mêmes visages ou promouvoir des personnalités discréditées accentue le dégoût et vide la politique de son sens.


La nécessité d’une véritable réconciliation nationale
Il est essentiel d’engager une amnistie générale pour :

  • les détenus d’opinion
  • les militants incarcérés pendant la décennie noire non impliqués dans des crimes de sang

Et, sous réserve de restitution des fonds détournés :

  • les hommes politiques
  • les entrepreneurs
  • les hauts fonctionnaires
  • les colonels et généraux

Cette réconciliation restaurerait la confiance et permettrait d’engager les réformes nécessaires pour redonner espoir à la jeunesse.

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